Kongjaban : Haricots Noirs Braisés Sucré-Salé
콩자반
Chef Minjun Park
22 juillet 2026

Note culturelle : Le kongjaban appartient aux mitbanchan, les banchan de garde préparés en quantité et servis pendant des semaines. Sur les tables coréennes d'avant la réfrigération, ces conserves à la sauce soja assuraient les protéines du quotidien. Le haricot noir de soja (seoritae ou heuktae) est aussi apprécié pour sa symbolique : sa couleur noire est l'une des cinq couleurs de l'obangsaek.
Ingredients
Instructions
- 1
Rincez les haricots et faites-les tremper 4 heures dans un grand volume d'eau froide (ou toute une nuit au réfrigérateur). Ils doivent doubler de volume.
- 2
Égouttez, placez les haricots dans une casserole avec les 500 ml d'eau fraîche. Portez à ébullition puis laissez frémir 20 minutes à découvert, en écumant la mousse grise qui remonte.
- 3
Ajoutez la sauce soja et le sucre. Poursuivez la cuisson à feu doux 20 minutes, en remuant de temps en temps. Le liquide doit réduire lentement, sans jamais bouillir fort.
- 4
Quand il ne reste qu'un fond de sauce sirupeuse (2 à 3 cuillères à soupe), ajoutez le sirop de riz. Mélangez 2 minutes sur le feu : les haricots se couvrent d'un glaçage brillant.
- 5
Coupez le feu. Ajoutez l'huile de sésame et les graines de sésame, mélangez.
- 6
Laissez refroidir complètement avant de transférer en boîte hermétique. Le kongjaban se sert froid ou à température ambiante, par petites portions.
Le banchan qui attend patiemment son heure au fond du frigo
Le kongjaban fait partie de ces plats que je prépare un dimanche par mois, en double quantité, et qui rendent ensuite service pendant des semaines sans jamais faiblir. Des haricots noirs braisés dans la sauce soja sucrée. Brillants, moelleux, presque confits. Trois baguettes de kongjaban, un bol de riz chaud : c'était mon petit-déjeuner d'étudiant à Séoul les matins de partiels, et je n'ai jamais trouvé mieux pour démarrer une journée.
C'est un jorim de garde, exactement comme le jangjorim de bœuf ou les anchois myeolchi bokkeum : on cuisine une fois, on pioche pendant deux à trois semaines.
Trouver les bons haricots
Le haricot idéal s'appelle seoritae : noir dehors, vert pâle dedans. On le trouve en épicerie coréenne (comptez 5 à 7 € les 500 g) sous l'étiquette « black soybean » ou « 서리태 ». À défaut, les haricots noirs de soja des magasins bio ou japonais (kuromame) conviennent parfaitement. En dernier recours, le haricot noir mexicain de supermarché fonctionne aussi : le goût est moins beurré, la texture plus farineuse, mais le principe sucré-salé opère. Réduisez alors le trempage à 2 heures, sa peau étant plus fine.
La texture, tout est là
Un bon kongjaban se mâche : ferme sous la dent d'abord, moelleux ensuite. Deux erreurs le ruinent. Cuit trop fort, il durcit en refroidissant, c'est l'erreur classique du débutant pressé qui monte le feu pour gagner dix minutes, et le sucre ajouté trop tôt y contribue aussi. Trop de liquide, trop longtemps ? Purée. D'où ma séquence : 20 minutes dans l'eau seule pour attendrir, puis 20 minutes avec l'assaisonnement pour braiser, et le sirop de riz seulement à la toute fin pour le lustre. Si vos haricots ont durci malgré tout, remettez-les 10 minutes à feu très doux avec 100 ml d'eau : ils se réhydratent et retrouvent leur souplesse.
Sur le plateau
Sa couleur noire laquée n'est pas un détail. Dans la philosophie des cinq couleurs du hansik, le noir a sa place à chaque repas, et le kongjaban la tient mieux que personne. Je le sers en trio avec un namul vert et un gamja jorim de pommes de terre dorées : trois couleurs, trois textures, et un plateau qui a déjà de l'allure sans aucun effort supplémentaire.
