
Eomuk Bokkeum : Galettes de Poisson Sautées Sauce Soja-Gochujang
어묵볶음
Recette de l'eomuk bokkeum, le banchan de galettes de poisson sautées dans une sauce soja-gochujang brillante. Prêt en 15 minutes, star des dosirak coréens.
반찬
Les banchan sont les petits plats servis avec chaque repas coréen. Du namul (légumes assaisonnés) au japchae, en passant par le kongnamul et le sigeumchi, découvrez ces accompagnements qui font la richesse de la table coréenne.
Un banchan (반찬, prononcé « pan-tchan ») est un petit plat d'accompagnement coréen, servi en coupelle au centre de la table, à partager avec le riz et la soupe. Un dîner coréen ordinaire en compte trois, dont un kimchi.
Voilà pour la définition encyclopédique. Mais réduire les banchan à des « accompagnements » ne rend pas justice à ce qu'ils représentent : c'est toute l'architecture du repas coréen qui repose sur eux.
Chez moi, à Séoul, ma grand-mère n'aurait jamais servi un bol de riz seul. Même le petit-déjeuner le plus simple s'accompagnait de trois banchan sortis du frigo : un kimchi, un namul de la veille, des anchois caramélisés préparés le dimanche. C'est cette logique de petits plats préparés d'avance, qui se gardent et se combinent, que je veux vous transmettre ici.
J'ai classé les 15 banchan que je considère comme le socle d'une table coréenne. La colonne conservation est celle qu'on me demande le plus en atelier : elle change tout dans l'organisation de la semaine.
| Banchan | Hangul | Famille | Ingrédient de base | Conservation (frigo) |
|---|---|---|---|---|
| Sigeumchi namul | 시금치나물 | Namul | Épinards | 3 jours |
| Kongnamul muchim | 콩나물무침 | Muchim | Pousses de soja | 4 jours |
| Gaji namul | 가지나물 | Namul | Aubergine vapeur | 3 jours |
| Musaengchae | 무생채 | Muchim | Radis blanc cru | 5 jours |
| Hobak bokkeum | 호박볶음 | Bokkeum | Courgette | 3 jours |
| Myeolchi bokkeum | 멸치볶음 | Bokkeum de garde | Anchois séchés | 3 semaines |
| Gamja jorim | 감자조림 | Jorim | Pomme de terre | 5 jours |
| Dubu jorim | 두부조림 | Jorim | Tofu ferme | 4 jours |
| Jangjorim | 장조림 | Jorim de garde | Bœuf | 2 semaines |
| Gyeran-mari | 계란말이 | Omelette | Œufs | 3 jours |
| Kimchi baechu | 배추김치 | Fermentation | Chou napa | Plusieurs mois |
| Kkakdugi | 깍두기 | Fermentation | Radis coréen | Plusieurs mois |
| Oi sobagi | 오이소박이 | Fermentation courte | Concombre | 1 semaine |
| Japchae | 잡채 | Plat de fête servi en banchan | Vermicelles de patate douce | 3 jours |
| Pajeon | 파전 | Jeon | Oignons verts | À manger le jour même |
Petit détail important : les durées valent pour un banchan conservé dans une boîte hermétique, sorti avec des baguettes propres. Un namul piqué directement dans la boîte tourne bien plus vite.
Le vocabulaire fait peur au début, puis on réalise que le nom du plat contient sa recette. Le namul se blanchit puis s'assaisonne, huile de sésame et ail. Le muchim se mélange cru avec sa sauce, comme une salade. Le jorim mijote dans une sauce soja sucrée qui réduit. Le bokkeum passe à la poêle, vite et fort.
Quatre gestes, un garde-manger coréen de base (sauce soja, huile de sésame, gochugaru, ail), et vous pouvez décliner à peu près n'importe quel légume du marché. C'est exactement comme ça que fonctionnent les cuisines familiales en Corée : on ne suit pas 15 recettes, on applique 4 techniques à ce qu'il y a dans le bac à légumes.
Le marché décide avant moi. En Corée, le calendrier des banchan suit celui des légumes, et c'est précisément ce qui empêche la table de tourner en rond. Voici comment je répartis les miens sur l'année, avec les recettes du site quand elles existent.
Au printemps, les épinards nouveaux donnent le meilleur sigeumchi namul de l'année : des feuilles tendres, blanchies moins d'1 minute, et 10 minutes en tout. Les pousses de soja ne coûtent presque rien à cette période, donc le kongnamul muchim revient chaque semaine. J'y ajoute souvent un gim muchim, des feuilles d'algue grillées, émiettées et assaisonnées en 10 minutes, qui réveille un plateau un peu trop vert.
L'été appartient aux crudités. L'oi muchim se prépare sans cuisson en 10 minutes, et l'oi sobagi, le kimchi de concombre farci, se mange après une fermentation courte, bien avant un kimchi de chou. L'aubergine passe à la vapeur pour le gaji namul, la courgette à la poêle pour le hobak bokkeum, 15 minutes chrono. Quatre banchan, zéro four allumé.
L'automne ramène les racines. Le radis blanc arrive sur les étals, et avec lui le musaengchae, cru, râpé, pimenté, 20 minutes de couteau et c'est tout. Les pommes de terre braisées du gamja jorim reviennent sur ma table dès que les soirées fraîchissent. Puis, fin novembre, toute la famille se réunit pour le kimjang, la grande préparation du kimchi de chou pour l'hiver, une pratique que l'UNESCO a inscrite au patrimoine culturel immatériel de l'humanité depuis 2013. Chez ma grand-mère, cela voulait dire des dizaines de choux, 2 jours de travail et des mains rouges jusqu'aux poignets.
L'hiver vit sur les réserves. Le kkakdugi a fini de fermenter, le jangjorim et le kongjaban attendent au fond du frigo, et les anchois caramélisés sauvent les soirs de fatigue. Pour un plat chaud, le dubu jorim demande 25 minutes, un bloc de tofu et de la sauce soja, rien d'autre à acheter.
Il existe deux familles, et les confondre est la première cause de frigo gâché. Le mitbanchan (밑반찬) est un banchan de garde : braisé longtemps dans la sauce soja, sucré, salé, parfois séché, il se prépare en grande quantité et se sert pendant des semaines. Le banchan du jour, lui, est un légume blanchi ou cru, assaisonné au sésame, qui donne le meilleur de lui-même dans les 48 heures.
Ma règle de sortie de frigo tient en une phrase. Un mitbanchan se prélève avec un ustensile propre, jamais avec les baguettes qui ont touché le riz, puis la boîte se referme aussitôt. Un namul, lui, se finit ou se jette, on ne le « sauve » pas au quatrième jour.
| Banchan | Famille | Au réfrigérateur, boîte hermétique |
|---|---|---|
| Myeolchi bokkeum | Mitbanchan | 2 à 3 semaines |
| Kongjaban | Mitbanchan | 3 semaines |
| Jangjorim | Mitbanchan | 12 à 14 jours, viande immergée dans son jus |
| Gamja jorim | Jorim | 5 à 6 jours |
| Eomuk bokkeum | Bokkeum | 4 à 5 jours |
| Gim muchim | Muchim | 4 à 5 jours, croustillant le premier jour seulement |
| Dubu jorim | Jorim | 4 jours |
| Kongnamul muchim | Muchim | 3 à 4 jours |
| Sigeumchi namul | Namul | 3 jours |
| Gaji namul | Namul | 3 jours |
| Gyeran-mari | Omelette | 3 jours, 15 secondes de micro-ondes pour le tiédir |
Les durées viennent des fiches recettes du site, testées chez moi à 4 °C. Un frigo réglé à 7 °C ou ouvert 30 fois par jour raccourcit tout cela, et les banchan à base d'œuf ou de tofu sont les premiers à le faire sentir.
La tradition codifiait des tables à 3, 5, 7, 9 ou 12 cheop (첩), le nombre de banchan servis. Les 12 cheop étaient réservés au roi ; les 3 cheop constituaient le quotidien du peuple. Retenez la version moderne : un repas de semaine se compose d'un riz, d'une soupe et de 3 banchan, dont au moins un kimchi.
Ma routine du dimanche tient en une heure trente : un mitbanchan de garde (jangjorim ou myeolchi bokkeum), deux namul, un jorim de légumes. Ajoutez le kimchi qui vit déjà dans le frigo et la semaine est réglée, il ne reste qu'à cuire le riz.
Reste la question de l'assemblage : quelles couleurs, quelles textures, combien selon l'occasion. C'est un sujet à part entière, et je l'ai traité ailleurs : ma méthode pour composer un plateau, avec le tableau par occasion et la règle des cinq couleurs.
Le même banchan ne joue pas le même rôle selon le plat qu'il accompagne. Pour un bibimbap de Jeonju, je prépare trois namul de couleurs différentes, sigeumchi, kongnamul et gaji, qui finiront mélangés au riz : inutile de les saler fort, le gochujang s'en charge. Autour d'un barbecue coréen, je cherche l'inverse, du frais et du croquant pour couper le gras de la viande, donc oi muchim, musaengchae et un kkakdugi bien acide. Pour un dosirak, la boîte-repas du midi, seuls les banchan qui se mangent froids ont leur place : gyeran-mari, jangjorim, kongjaban, et une portion de kimchi dans une boîte à part, sinon tout en prend le goût. Pour un apéritif, je pioche dans les anju plutôt que dans les coupelles de la semaine, avec un ou deux mitbanchan en renfort.
Le nombre de coupelles, les cinq couleurs et l'ordre de dégustation sont détaillés dans ma méthode pour composer un plateau, repas par repas.
Trop d'huile de sésame, d'abord. Une cuillère à café suffit pour 200 g de légumes blanchis ; au-delà, tout a le même goût de sésame et la table devient monotone. La deuxième erreur, c'est le légume mal essoré : un namul préparé avec des épinards gorgés d'eau rend son jus en 1 heure et noie l'assaisonnement, alors pressez-les entre vos mains jusqu'à ce qu'il ne coule plus rien. Je vois aussi beaucoup de plateaux où tout arrive chaud, ce qui va contre l'idée même du banchan : la majorité se sert à température ambiante ou froide, sortie du frigo 15 minutes avant, et seul le jorim du soir fume. Quatrième faute, un seul registre de goût, quatre coupelles toutes salées-sucrées à la sauce soja. Il faut un acide (kimchi, musaengchae), un amer ou un végétal (namul), un gras (jorim, gyeran-mari) et un croquant. Et la dernière, la plus fréquente chez mes élèves français : oublier le kimchi, qui n'est pas « un banchan parmi d'autres » mais la coupelle sans laquelle la table coréenne n'existe pas.
Si vous n'avez jamais cuisiné coréen, je vous conseille de démarrer par le trio sigeumchi namul, gamja jorim et gyeran-mari. Les trois se font avec des ingrédients de supermarché français, sans aucun produit d'épicerie asiatique hormis l'huile de sésame et la sauce soja. Ensuite, passez aux fermentations : le kkakdugi pardonne beaucoup plus les erreurs de débutant que le kimchi de chou entier. Pour un dessert traditionnel, pensez aux biscuits au miel frits.
Et si vous recevez, piochez plutôt du côté des anju, les plats d'apéritif coréens : pajeon et poulet frit tiennent mieux le rôle devant des invités qu'un namul d'épinards, aussi honnête soit-il.

어묵볶음
Recette de l'eomuk bokkeum, le banchan de galettes de poisson sautées dans une sauce soja-gochujang brillante. Prêt en 15 minutes, star des dosirak coréens.

김무침
Recette du gim muchim, le banchan de feuilles d'algue nori grillées, froissées et assaisonnées sauce soja-sésame. Cinq ingrédients, dix minutes, un goût marin addictif.

콩자반
Recette du kongjaban, le banchan de haricots noirs de soja braisés à la sauce soja et au sucre. Un mitbanchan de garde brillant et moelleux qui tient trois semaines au frigo.

오이무침
Recette de l'oi muchim, la salade de concombre pimentée coréenne prête en 10 minutes chrono. Croquante, acidulée, relevée au gochugaru : le banchan d'été parfait.

두부조림
Recette du dubu jorim, tofu doré à la poêle puis braisé dans une sauce soja piquante au gochugaru. Un banchan protéiné, économique et prêt en 25 minutes.

가지나물
Recette du gaji namul, aubergines cuites à la vapeur puis effilochées à la main et assaisonnées à la sauce soja, l'ail et l'huile de sésame. Un banchan d'été fondant, prêt en 20 minutes.

호박볶음
Recette du hobak bokkeum, courgettes coréennes sautées à l'ail et au sésame, relevées de saeujeot ou de sauce soja. Un banchan d'été prêt en 15 minutes.

무생채
Recette du musaengchae, julienne de radis blanc cru dégorgé au sel puis assaisonné au gochugaru, à l'ail et au vinaigre. Le banchan croquant, piquant et acidulé prêt en 20 minutes, sans cuisson.

계란말이
Le gyeran-mari, omelette roulée coréenne aux légumes finement hachés, est le banchan doux et moelleux que l'on retrouve dans toutes les boîtes à lunch de Corée. Une technique de roulage simple, un résultat spectaculaire.

장조림
Le jangjorim, bœuf effiloché mijoté dans la sauce soja avec des œufs et des piments shishito, est le grand banchan de réserve coréen : salé, légèrement sucré, il se garde deux semaines au réfrigérateur et sauve tous les repas.

멸치볶음
Le myeolchi bokkeum, petits anchois séchés sautés puis enrobés d'un glaçage sucré-salé brillant, est le mit-banchan par excellence : préparé en quantité, il se garde des semaines au réfrigérateur et sauve tous les repas pressés.

감자조림
Le gamja jorim, pommes de terre caramélisées dans une sauce soja sucrée-salée au sésame, est le banchan réconfortant par excellence. Brillant, savoureux et irrésistiblement addictif, il plaît à toute la famille.

시금치나물
Recette du sigeumchi namul, banchan d'épinards blanchis assaisonnés à l'huile de sésame et à l'ail. Prêt en 10 minutes, vegan et incontournable.

콩나물무침
Recette du kongnamul muchim, le banchan le plus courant en Corée. Pousses de soja croquantes assaisonnées à l'huile de sésame, ail et oignons verts.
Un banchan (반찬) est un petit plat d'accompagnement servi en même temps que le riz et la soupe dans un repas coréen. Légumes assaisonnés, tofu braisé, œufs roulés ou kimchi : ils se partagent au centre de la table et se mangent tout au long du repas.
À la maison, trois banchan suffisent avec le riz et une soupe. La tradition des tables à 3, 5, 7, 9 ou 12 cheop réservait les grands nombres aux occasions et à la cour royale. Un repas coréen quotidien tourne autour de 3 à 5 banchan.
Cela dépend de la famille : les namul de légumes verts tiennent 3 à 4 jours, les jorim braisés 4 à 5 jours, et les mitbanchan de garde comme le jangjorim ou le myeolchi bokkeum jusqu'à 2 ou 3 semaines. Les kimchi fermentés se gardent plusieurs mois.
La majorité des banchan de légumes le sont : sigeumchi namul (épinards), kongnamul (pousses de soja), gaji namul (aubergines), musaengchae (radis), hobak bokkeum (courgettes), gamja jorim (pommes de terre) et dubu jorim (tofu). Vérifiez seulement la sauce poisson dans les kimchi.
Le riz. Contrairement à un repas français construit autour d'une pièce de viande, la table coréenne pose le bap (riz) au centre, une soupe à côté, et tout le reste est banchan. C'est pour cela qu'on parle de bansang, la table du riz : le plat principal est la céréale, et les banchan servent à l'accompagner bouchée après bouchée.
Un kimchi, presque toujours. Puis un ou deux namul de légumes (épinards, pousses de soja, aubergine), souvent un œuf roulé ou du tofu braisé, et un mitbanchan de garde comme les anchois caramélisés. Trois à cinq coupelles suffisent au quotidien, le tableau plus bas donne les quinze classiques avec leur durée de conservation.
Ce sont quatre techniques : namul désigne des légumes blanchis puis assaisonnés au sésame, muchim des crudités mélangées à une sauce, jorim un braisage réduit à la sauce soja, et bokkeum un sauté rapide. Le nom du banchan contient presque toujours sa technique.
Trois namul de couleurs différentes, sigeumchi (épinards), kongnamul (pousses de soja) et gaji (aubergine), assaisonnés légèrement puisqu'ils finissent mélangés au riz avec le gochujang. Un kimchi à part complète le bol.
Oui, et ils sont nombreux : sigeumchi namul, kongnamul muchim, gyeran-mari, gamja jorim, jangjorim et kongjaban ne contiennent aucun piment. Pour un plateau entièrement doux, remplacez le kimchi par un musaengchae préparé sans gochugaru.
Les braisés à la sauce soja comme le jangjorim ou le gamja jorim supportent la congélation. Les namul, les muchim et l'omelette roulée en ressortent mous ou granuleux : préparez-les en petite quantité plutôt que de les congeler.
Ceux qui se mangent froids sans perdre leur texture : gyeran-mari, jangjorim, kongjaban, myeolchi bokkeum et un namul bien essoré. Le kimchi voyage dans une boîte séparée, sinon il parfume tout le reste.