Le plat des jours gris
Le jeon est la famille des galettes poêlées coréennes, et le pajeon en est le membre le plus connu. J'aime cette catégorie parce qu'elle est la plus indulgente de tout le site : on peut se tromper sur les proportions, la galette sera quand même bonne.
Ce qui compte est ailleurs. Il faut beaucoup plus d'huile que ce que l'on ose mettre, et une poêle réellement chaude avant de verser. Une galette coréenne n'est pas une crêpe française qu'on cuit à sec, elle est presque frite par en dessous.
Les trois galettes, avec leur garniture et leur diamètre
| Galette |
Hangul |
Garniture |
Diamètre |
Se mange |
| Pajeon |
파전 |
Oignons verts entiers |
20 à 25 cm |
Coupée aux ciseaux, à partager |
| Haemul pajeon |
해물파전 |
Oignons verts, fruits de mer |
25 à 30 cm |
En plat principal |
| Kimchijeon |
김치전 |
Vieux kimchi haché |
15 à 20 cm |
Seul, avec un bol de riz |
Le diamètre n'est pas anecdotique. Le kimchijeon est plus petit parce qu'il doit être retourné d'un geste, et qu'au-delà de vingt centimètres une galette au kimchi se casse en deux dans la poêle. Le haemul pajeon, lui, se cuit large et se retourne à l'aide d'une assiette.
Les oignons verts se posent, ils ne se mélangent pas
C'est le geste qui distingue un vrai pajeon d'une omelette aux herbes, et c'est aussi le plus contre-intuitif.
On verse une fine couche de pâte, on aligne les oignons verts entiers en travers, côte à côte, puis on ajoute juste ce qu'il faut de pâte pour les lier. Les tiges restent visibles et gardent leur croquant. Mélangées à la pâte, elles cuisent trop et disparaissent.
Chez ma grand-mère, la réussite se jugeait à la découpe : si on voyait encore le vert traverser chaque part, c'était bon.