Soupes et ragoûts coréens

국·찌개

Les soupes (guk) et ragoûts (jjigae) sont au cœur de chaque repas coréen. Du kimchi jjigae au doenjang jjigae, en passant par le samgyetang au poulet et ginseng, ces plats mijotés réchauffent le corps et l'esprit.

Trois mots pour trois choses différentes

En français on dit soupe, et on s'arrête là. Le coréen distingue trois catégories, et la distinction n'est pas décorative : elle vous dit où le plat se pose sur la table et qui le mange.

Le guk arrive dans votre bol, à vous. Le jjigae arrive au centre, dans sa marmite, et tout le monde y plonge sa cuillère. Cette différence de partage explique le reste : un jjigae est plus salé parce qu'il accompagne beaucoup de riz et beaucoup de bouchées, un guk est plus doux parce qu'on le boit.

Les cinq recettes, et ce que chacune demande vraiment

Plat Hangul Type Base Le point qui décide
Doenjang jjigae 된장찌개 Jjigae Pâte de soja La qualité du doenjang, rien d'autre
Kimchi jjigae 김치찌개 Jjigae Vieux kimchi Un kimchi trop jeune ne marche pas
Sundubu jjigae 순두부찌개 Jjigae Tofu soyeux Ne jamais remuer après l'avoir versé
Miyeok guk 미역국 Guk Algue wakamé Le trempage, 20 à 30 min
Samgyetang 삼계탕 Tang Poulet entier, ginseng Une heure de mijotage minimum

La ligne du kimchi jjigae est celle qui coûte le plus de déceptions. Ce plat a besoin d'un kimchi de deux mois au moins, franchement acide, celui qu'on ne veut plus manger cru. Avec un kimchi de la semaine, on obtient une soupe au chou correcte et sans profondeur. C'est d'ailleurs pour ça que les deux recettes vont ensemble : on fait du kimchi pour le manger jeune, puis on fait ce ragoût quand il a vieilli.

La soupe qui n'est pas une recette

Le miyeok guk occupe une place à part. On le sert après un accouchement, tous les jours pendant plusieurs semaines, et on le sert à chaque anniversaire ensuite, à tout âge.

Je l'ai vu servi à un homme de soixante-dix ans par sa fille, qui l'avait préparé le matin. Personne n'a commenté, tout le monde a compris. Si vous ne deviez retenir qu'une chose de cette catégorie, retenez que dans une cuisine coréenne, certaines recettes sont des dates plutôt que des plats.

Les recettes, pas à pas

Questions fréquentes

Quelle différence entre guk, jjigae et tang ?

Le rapport liquide sur solide, et la place sur la table. Un guk est une soupe claire, servie en portion individuelle à côté du riz. Un jjigae est plus épais, plus salé, et se partage au centre dans sa marmite. Un tang est un guk mijoté longuement, souvent avec un os ou une volaille entière. Ce n'est pas une hiérarchie de qualité, c'est une hiérarchie de concentration.

Pourquoi mange-t-on de la soupe aux algues à son anniversaire ?

Parce que le miyeok guk est la soupe servie aux femmes après l'accouchement, riche en iode et en calcium. En manger le jour de son anniversaire, c'est un geste de mémoire envers sa mère. Les Coréens le font toute leur vie, et beaucoup en mangent ce jour-là même à l'étranger.

Le samgyetang se mange-t-il vraiment en été ?

Oui, et le paradoxe est assumé. Les trois jours les plus chauds de l'été, appelés sambok, sont ceux où l'on mange ce poulet au ginseng brûlant. La logique est de combattre le chaud par le chaud pour restaurer l'énergie perdue par la transpiration.

Quel ragoût coréen commencer quand on débute ?

Le doenjang jjigae. La pâte de soja fermentée fait tout le travail, il n'y a pas de bouillon à monter, et il pardonne les proportions approximatives. Le sundubu, plus spectaculaire, demande un tofu soyeux qu'il ne faut surtout pas remuer.